Luther et la musique de la Réforme. 500 ans de musique protestante

 

Le vendredi 27 octobre 2017, 19h30-21h30

Concert à l’Église unie Saint-James

Les rapports entre les Réformes du XVIe siècle et la musique sont surtout connus à travers les transformations imposées à la musique liturgique vocale. Celle-ci est centrale chez Luther, qui promeut un nouveau genre, le choral, et qui compose certaines des mélodies. Ce chant réformé est toléré par Calvin mais à condition que ne soient chantés durant le culte que des psaumes sur des mélodies monosyllabiques. De plus, en Allemagne comme en France, des œuvres vocales réformées se diffusent rapidement hors du culte au moyen de l’imprimerie.

La musique instrumentale réformée est plus discrète. Et cela se comprend : Luther, Zwingli ou Calvin se sont insurgés contre la musique sacrée dès lors que, par des raffinements excessifs, elle aurait détourné les fidèles du recueillement. L’orgue symbolise tout particulièrement ces débordements et peu d’œuvres destinées à cet instrument sont écrites durant les premiers temps de la Réforme.

Mais en Allemagne, où les techniques de facture et de construction des orgues se développent très rapidement au XVIe siècle, les chorals fournissent le matériaux de base à de nombreux préludes et variations qui se multiplient au tournant des XVIe et XVIIe siècles chez des compositeurs comme Samuel Scheidt, et dont la composition se développe ensuite chez des compositeurs comme Buxtehude, Bach, Mendelssohn et après.

Du côté de la Réforme calviniste, qui porte un jugement plus sévère sur la musique instrumentale, les premières variations sur les psaumes et sur les chansons moralisantes apparaissent d’abord au début du XVIIe siècle dans des milieux influencés par la réforme luthérienne, à savoir chez des compositeurs bâlois ou hollandais, tel Sweelinck. Des compositeurs catholiques, à l’image de Du Caurroy, reprennent aussi dans leurs compositions les thèmes reformés, devenus populaires. Aujourd’hui encore, si des compositeurs protestants écrivent des œuvres pour orgue, des compositeurs catholiques, comme Thierry Escaich, continuent d’utiliser le matériau musical réformé.

Introduit et ponctué par de brèves interventions d’historiens de la Réforme, ce concert d’orgue, offert dans le somptueux sanctuaire de l’Église unie Saint-James, propose de partir des thèmes de chorals et de psaumes réformés pour retracer l’évolution des compositions qu’ils ont suscité, du XVIe siècle à aujourd’hui.

Lyse Roy et Benjamin Deruelle sont professeurs d’histoire moderne à l’UQAM et membres régulier du GRHS. Tous deux consacrent leur recherche sur l’Europe des XVIe et XVIIe siècles.

Aurélien Peter est organiste à l’Oratoire du Louvre à Paris, et chercheur en histoire moderne.

Pour un aperçu de la musique luthérienne, on découvrira l’intéressant carnet de Jean-Christophe Pucek, « Wunderkammern » : http://wunderkammern.fr/2017/03/19/sola-musica-luther-et-la-musique-de-la-reforme-par-vox-luminis/

Ce concert à l’Église unie Saint-James est offert gracieusement par le GRHS et par Aurélien Peter, notre organiste invité.  Nous ne demanderons donc aucun frais d’admission pour participer à l’événement.

Le vendredi 27 octobre 2017, 19h30-21h30

 

Église unie Saint-James,
463 Sainte-Catherine Ouest,
Montréal, H3B 1B1

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