Autoportraits au féminin, XVIe-XVIIIe siècle

Sofonisba Anguissola (1535-1625), Autoportrait au chevalet, 1556, huile sur toile, 66 x 57 cm. Source : Wikimedia.
Séminaire du GRHS

Sous la responsabilité de

Judith Sribnai
et Alicia Viaud

 

 

 

 

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Ce séminaire se propose d’envisager les différentes formes de l’autoportrait au féminin du XVIe au XVIIIe siècle, dans les œuvres de fiction en vers ou en prose, dans les textes référentiels (Mémoires, journaux, correspondances…) ainsi que dans l’iconographie. Ces autoportraits, de taille et d’importance variables, parfois implicites et fragmentaires, peuvent être réalisés par des autrices comme Catherine des Roches ou Félicité de Genlis, par des artistes comme Sofonisba Anguissola, par des savantes comme Christine de Suède, voire par des personnages féminins au sein d’œuvres composées par des femmes ou par des hommes, comme Astrée dans le roman éponyme d’Honoré d’Urfé. On se demandera comment ces représentations de femmes par elles-mêmes traduisent des types de subjectivité ou des rapports au corps contribuant à des constructions d’identité ; comment elles permettent encore de retracer ou d’interroger, à partir d’un point de vue féminin, une histoire de l’intimité et de la structuration des espaces public et privé. Toutes les approches disciplinaires seront les bienvenues : littérature, histoire, histoire de l’art, philosophie…

Les conférences auront lieu de 14h à 16h au local du CRILQ (C-8141, 8e étage du Pavillon Lionel-Groulx, Université de Montréal, 3150 rue Jean-Brillant, Montréal, H3T 1N8).

Programmation ___

Jeudi 13 octobre 2022

Les autoportraits d’Élisabeth Vigée-LeBrun au Salon de 1787

Présenté par Ersy Contogouris (Université de Montréal)
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Cette conférence étudiera l’autoportrait qu’Élisabeth Vigée-LeBrun expose au Salon de 1787. Vigée-LeBrun avait été admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1783 aux côtés d’Adélaïde Labille-Guiard, portant ainsi à quatre le nombre de femmes membres de l’Académie pour la première fois depuis sa fondation en 1648, et à quinze le nombre total de femmes y ayant été admises. Cette présence féminine à l’Académie n’étant pas appréciée de tous, les années 1780 et les Salons bisannuels de 1783, 1785 et 1787 furent marqué·es par de nombreux débats portant sur la place des femmes dans le plus important espace artistique français. L’autoportrait de Vigée-LeBrun, dans lequel elle se représente avec sa fille Julie, sera mis en dialogue avec les autres œuvres présentées par Vigée-LeBrun à ce Salon afin de réfléchir à ce groupe de tableaux comme une sorte d’autoreprésentation de l’artiste en 1787.

Mercredi 23 novembre 2022

Autoportrait de Marie de Gournay en satiriste

Présenté par Mawy Bouchard (Université d’Ottawa)
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Marie de Gournay s’est souvent engagée dans la dénonciation de la médisance, vice qu’elle considère comme un fléau affectant toutes les sphères de l’activité humaine, et en particulier celle des affaires publiques. À la lecture de ses Advis, on constate que l’omniprésence de la topique de la médisance est indissociable d’une posture d’autrice qui entend corriger les travers de ses contemporains, attitude qui est en fait celle de tout satiriste. Au-delà des autres attributs reconnus de cette figure de dénonciation, il importe de bien dissocier les composantes d’une éthique littéraire et moraliste qui appartiennent à la satire de celles qui relèveraient plutôt d’une médisance que l’ensemble de l’œuvre gournayenne cherche à condamner. Notre propos consistera à mettre en évidence les énoncés de Marie de Gournay qui tendent à la présenter sous les dignes traits du satiriste.

Jeudi 2 février 2023

« Je rougis de me peindre tel que je suis » : l’autoportrait littéraire féminin au XVIIe siècle

Présenté par Lucie Desjardins (Université du Québec à Montréal)
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Dès la fin du XVIe siècle, Montaigne avait promu la pratique de l’autoportrait littéraire en l’associant à celle d’un retour réflexif sur soi : pourquoi, demandait-il alors, n’est-il pas loisible « à un chacun de se peindre de la plume » comme ce René, roi de Sicile, qui « se peignait d’un crayon » ? L’autoportrait suppose ainsi un parallèle avec l’art pictural auquel il emprunte ses termes (portraire, dessiner, peindre). À ce titre, il s’agit d’un genre dont la finalité pratique est bien déterminée : évoquer quelqu’un (le modèle) pour que l’on puisse le reconnaître. Or les textes du XVIIe siècle disent et répètent que l’art du portrait littéraire ne consiste pas dans la simple retranscription des traits du corps, mais également dans la description des mouvements les plus intimes. Si l’autoportrait semble en mesure de révéler la personne, il est également susceptible d’être mensonger, car il peut être le résultat de la simple vanité du modèle, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme. Dès lors, on peut se demander si cette pratique cette pratique contribue à un véritable retour réflexif sur soi. Il s’agira donc d’examiner les différentes stratégies d’écriture, de même que les enjeux éthiques, rhétoriques et esthétiques de l’autoportrait littéraire au féminin abordant en se demandant comment les femmes tentent de contrer ces objections morales.

Jeudi 9 mars 2023

Se dire, se construire au XVIIe siècle : autoportraits féminins de Nouvelle-France

Présenté par Dominique Deslandres (Université de Montréal)
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À venir

Axe de recherche correspondant ___
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