Axe_4

Cet axe explore le conflit à travers le champ de bataille, le tribunal et l’espace du salut que ces deux moments mettent en jeu. L’armée, d’abord, est un lieu intense de sociabilité et constitue un terrain propice pour nos préoccupations. Les entrées en guerre déploient les rumeurs, l’enthousiasme, la haine de l’ennemi ou la souffrance des déchirements familiaux, alors qu’après la violence des champs de bataille, la sortie de guerre cristallise, avec l’humiliation de la défaite ou la détresse de la démobilisation, les contradictions d’un acte politique qui fut au fondement de la souveraineté à l’époque moderne et qui, au XVIIIe siècle et notamment avec les révolutions, fut au fondement de la citoyenneté (avec le soldat-citoyen). 

Or, si on considère que la sociabilité est une forme de « douce police » (Hume) qui ne requiert pas l’intervention continue d’un pouvoir coercitif, on peut en outre rechercher les points de contacts et de divergence entre ces deux formes de police : les sociabilités formelles et informelles, et les interdits contrôlés par les forces de l’ordre urbain. Si les pratiques de sociabilité ne font pas toujours l’objet d’une régulation directe par les autorités, les lieux et les moments où elles s’enracinent sont, pour leur part, toujours régulés. Entre la violence des armées et la gravité des tribunaux, l’espace de la conversion occupe enfin une position médiane mais assurément fondamentale, dans les expériences si aigües de l’angoisse, du doute et de la peur.

 

1.

Repérer et analyser l’incitation à l’action qu’on retrouve dans les archives militaires, judiciaires et policières de la période étudiée.

 

2.

Prêter une attention particulière au soldat, incarnation de l’émotion virile.

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