Fabriquer la citoyenneté. L’engagement politique à l’âge des absolutismes.

Les projets
en cours
des membres
du GRHS

Ce projet réunit

Sophie Abdela (Sherbrooke),
Pascal Bastien (UQAM),
Frédéric Charbonneau (McGill),
Christina Contandriopoulos (UQAM),
Ersy Contogouris
 (Université de Montréal),

Brian Cowan (McGill),
Peggy Davis
 (UQAM),
Benjamin Deruelle
 (UQAM),

Lucie Desjardins (UQAM),
Lyse Roy
 (UQAM)

et Judith Sribnai (Université de Montréal).

 

À l’heure où nos regards sur la démocratie paraissent avoir atteint des sommets de cynisme, le programme de recherche « Fabriquer la citoyenneté » entendent démontrer que l’histoire de la citoyenneté ne peut se réduire au régime électoral et que le renoncement, hier comme aujourd’hui, n’a jamais été la solution des populations ordinaires. De fait, notre programmation n’est pas seulement le projet d’une archéologie de l’engagement politique contemporain : il cherche surtout à démontrer que le fatalisme et la démission n’ont jamais été la solution des peuples.

Les démocraties libérales dans lesquelles nous évoluons (ou stagnons?) aujourd’hui sont le produit de nombreux héritages dont les synthèses les plus fortes et durables se forment et agissent dans l’Europe moderne. Ce chantier de recherche entend remettre en cause la périodisation traditionnelle en dépliant l’époque moderne en deux grands moments de transition : une longue Renaissance, inscrite entre 1450 (début de l’imprimerie ; fin de la Guerre de Cent Ans ; chute de Constantinople) et 1650 (révolution scientifique ; fin de la guerre civile en Angleterre ; Fronde en France) ; et un long siècle des Lumières, saisi entre 1650 et 1850 (développement du chemin de fer et des communications télégraphiques ; conclusion de l’âge des révolutions avec le printemps des peuples de 1848). À travers la Renaissance et les Lumières, l’émancipation de la « servitude volontaire » et la lente revendication d’un droit à la liberté seront saisies dans un temps long, plus propice pour saisir les rythmes sur la longue durée et plus propre à mesurer des temporalités différentes et des chaînes de communication certainement plus complexes que ce que les approches diffusionnistes, se bornant à souligner le rayonnement d’un centre, peuvent proposer.

« Fabriquer la citoyenneté » pensera la politisation ordinaire des peuples « au ras-du-sol », un acteur à la fois, mais dans un temps long tissé de contacts et de circulations. L’extraordinaire laboratoire des droits que furent la Renaissance et les Lumières nous permettra de mieux appréhender les impasses, les dangers, les espoirs et les promesses du vivre-ensemble, pour aujourd’hui et pour demain. Conçue comme une opportunité exceptionnelle de collaborations interdisciplinaires, ce projet produira deux réalisations majeures : un ouvrage collectif savant ; et un web-documentaire sur les inventions populaires de l’engagement politique.

 


Iconographie : Paul Revere, The Bloody Massacre, 1770. Yale University.
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