Séminaire_3_Diffusion, circulation et appropriation des savoirs

Nicolas Guérard, Pour débiter choses nouvelles…, vers 1680, Musée Carnavalet
Séminaire
GRHS

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Sous la responsabilité de

Peggy Davis (UQAM)
et Lyse Roy (UQAM)

Le séminaire privilégiera les circuits et les transmissions de l’imprimé sous toutes ses formes, sans pour autant exclure les autres productions (et marchandises) de la connaissance.

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Lien zoom pour toutes les séances :
https://uqam.zoom.us/j/89265629687

Programmation ___

Vendredi 17 septembre 2021

12h30 – 13h45 — Montréal

Rupes nigra et altissima : l’étrange Arctique de Mercator

Présenté par Alban Berson
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À partir de 1569, Gérard Mercator représente l’Arctique sous la forme d’une vaste masse terrestre de forme circulaire divisée en quatre îles de surfaces équivalentes. Ces îles sont séparées par quatre bras de mer aux courants tumultueux qui les rendent innavigables et dont les eaux, « qui ne gèlent jamais », coulent vers le nord en direction d’une mer intérieure. Au centre de cette mer, au pôle nord donc, se dresse un immense rocher noir : « Rupes nigra et altissima ». Les eaux qui se dirigent vers cette montagne s’engouffrent à sa base dans un gigantesque maelstrom. De là, elles sont « absorbées dans les entrailles de la Terre ». Mercator est un géographe habituellement soucieux de la fiabilité de ses sources. L’Arctique est la partie la plus erronée de son œuvre. Quels documents et quels raisonnement l’ont-ils conduit à représenter cette partie de la Terre sous une forme aussi fantaisiste ?

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Alban Berson est cartothécaire à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Il enseigne également l’histoire du livre et de l’imprimé à l’Université de Montréal. Il s’intéresse à la cartographie de l’Amérique du Nord et de la Nouvelle-France en particulier. Il a publié plusieurs articles sur ces sujets. Il termine actuellement un livre consacré aux mythes géographiques de l’Amérique du Nord au XVIe siècle qui paraitra aux Éditions du Septentrion en 2022.

Vendredi 15 octobre 2021

12h30 – 13h45 — Montréal

Récits de l’ailleurs et entreprise éditoriale: quelques cas d’étude tirés de la collection des livres rares de l’UQAM

Présenté par L’équipe Viator
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L’équipe Viator présentera des résultats préliminaires de ses recherches en cours sur les ouvrages viatiques illustrés à partir de cas d’étude choisis.  Diverses questions telles que la trajectoire éditoriale du livre (l’Histoire des Yncas de Garcilaso de la Vega), l’auctorialité des divers agents de production du livre (l’éditeur parisien Louis Billaine) ainsi que les visées scientifiques et idéologiques du récit de voyage illustré (Champlain, Lafitau, Buffon) seront abordées.

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Équipe Viator :
Antoine CHAMPIGNY, doctorant, Département d’histoire UQAM et  Lyon 2
Marjorie Charbonneau, maîtrise en histoire de l’art, UQAM
Peggy DAVIS, professeure, Histoire de l’art, UQAM
Camille Payeur, maîtrise en histoire, UQAM
Marie-Lise Poirier, doctorat en histoire de l’art, UQAM
Lyse ROY, professeure, Département d’histoire, UQAM
Andrée-Anne VENNE, doctorante, Histoire de l’art, UQAM

Vendredi 19 novembre 2021

12h30 – 13h45 — Montréal

La traduction imprimée à la cour d’Henriette-Marie, vecteur d’idéologie

Présenté par Marie-France Guénette
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La traduction a toujours été une stratégie de transfert des connaissances d’une culture à une autre. Dans la présente communication, nous nous intéressons à un cas de figure particulier dans l’histoire transnationale des échanges culturels entre la Grande-Bretagne et le Continent européen. En effet, quelque part à la croisée des études sur l’histoire du livre, la culture de cour et l’idéologie catholique, nous découvrons le cas de la traduction imprimée à la cour anglaise d’Henriette-Marie (1625-1642). Nous situerons d’abord la traduction imprimée dans ce contexte politique et culturel particulier, puis nous nous pencherons sur des exemples de traductions dédicacées à la reine ou à des membres de sa cour. Comme nous le verrons, autant de preuves d’allégeance imprimées sous forme de dédicaces, de gravures et de poèmes élogieux rendent visibles les relations réelles ou imaginées entre les traducteurs et la mécène royale. Nous accorderons ainsi une visibilité bien méritée aux traductrices et aux traducteurs, artisans d’un art de deuxième niveau pourtant si important dans la circulation des savoirs.

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Marie-France Guénette est professeure adjointe au Département de langues, linguistique et traduction de l’Université Laval. Elle a soutenu sa thèse intitulé Traducteurs et traductions imprimées à la cour anglaise de la reine Henriette-Marie (1625-1642) en décembre 2020 et poursuit actuellement ses recherches en histoire de la traduction. Membre du CIREM16/18 et du CRIHN, elle s’intéresse aux fonctions des traductions, à l’agentivité des traducteurs et aux échanges culturels transnationaux à la Renaissance. En 2021, le volume Situatedness and Performativity: Translation and Interpreting Practice Revisted qu’elle a codirigé avec Raquel Pacheco Aguilar est paru aux Presses universitaires de Louvain.

Vendredi 17 décembre 2021

12h30 – 13h45 — Montréal

Collection, spoliation, colonisation: la circulation des manuscrits jésuites en wendat aux XIXe et XXe siècles

Présenté par Fannie Dionne
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Au tournant du XXe siècle, des grammaires et dictionnaires manuscrits en français et wendat rédigés par des jésuites commencent à circuler dans un réseau de collectionneurs, alors que ces documents avaient auparavant été gardés au sein de communautés autochtones. Cette présentation examinera comment et pourquoi ces manuscrits ont été acquis – ou volés! – par des collectionneurs et des institutions avant de détailler le plus large contexte de collection d’objets autochtones en Amérique du Nord à cette époque.

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Fannie Dionne a obtenu son doctorat en histoire de l’Université McGill en 2020. Elle est chargée de cours à l’UQÀM et rédactrice de contenu entre autres pour les Jésuites du Canada.
Axe de recherche correspondant ___
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